La Cour régionale des comptes met en cause la gestion petit bras de Pécresse

Article de Sibylle Vincendon, paru dans Libération le 28 février 2020.

Le rapport de la chambre régionale des comptes qui sera débattu en séance plénière jeudi est-il un document «qui fera date», comme l’affirme Maxime des Gayets, président du groupe Ensemble (socialistes et écologistes) au conseil régional d’Ile-de-France ? Avec les trois autres présidents de groupe de l’opposition – Ghislaine Senée (écologistes), Céline Malaisé (Front de gauche) et Eddie Aït (radicaux), il tenait ce vendredi une conférence de presse autour de ce décorticage qui montre, selon eux, que «Valérie Pécresse est arrivée à faire très peu et très mal».

La gestion de la présidente ex-LR d’Ile-de-France serait en particulier marquée par le sous-investissement. «Au fur et à mesure des années, il y a eu un décrochement entre ce qui est inscrit et ce qui est dépensé. Le taux d’investissement réel est passé de 75 % en 2015 à 58 % en 2018», résume Céline Malaisé. Pourquoi Valérie Pécresse ne dépense-t-elle pas ce qu’elle a prévu ? «Elle a un objectif de notation», répond l’élue Front de gauche. Dans l’approche financière des agences de notation, le niveau d’endettement de la collectivité est un critère de poids. Valérie Pécresse se félicite d’ailleurs, dans l’exposé des motifs qui accompagnera le rapport lors de la discussion en plénière jeudi, des commentaires de la chambre régionale sur sa «bonne gestion financière» : «Le document insiste bien sur les excellentes performances financières qui sont celles de la collectivité.»

Toutefois, dans une lettre adressée au premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud (en poste à l’époque), la présidente de la région ne se contente pas de répondre aux critiques de la chambre avec ses arguments, comme c’est l’usage. Elle accuse, sans le nommer, un des magistrats de la chambre de «conflit d’intérêts». «Le magistrat en question était, sous la période de contrôle, un membre actif du mouvement En marche à Montgeron, dans l’Essonne», écrit-elle, précisant au passage qu’il serait à présent opposant de la maire de cette commune. Le rapport serait une «instrumentalisation politique de la chambre». Bigre.

Le passage sur ce magistrat qui, répond Migaud, «n’est pas l’un des rapporteurs qui a conduit le contrôle», a été retiré des réponses rendues publiques par la chambre, afin d’éviter à Pécresse des poursuites en diffamation.

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